The Passing of my Grandfather

On January 7th, 2006, at the age of 99, died the greatest man I’ve ever known. For weeks he had struggled with complications from a surgery that hadn’t quite turned out as hoped or expected. For a while, he transcended almost all expectations by giving us hope he would make it after all. Alas, it was not to be.

Still, he had a full and eventful life. He created his own path and followed it. To paraphrase Frank Sinatra, he did it his way.

My mother wrote a full biography of his life. I provide it here for you in the original French, along with my english translation. I believe once you’re done reading it, you will agree with me: my grandfather was quite the man.

Click the appropriate link below to read about his life.

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ROLIN BRÉDY

(27 Juillet 1906 – 7 Janvier 2006)

(Une courte biographie, rédigée en Janvier 2006, quelques jours avant sa mort, par sa fille Rollande Brédy Petit*)

Il y a de cela 99 ans, le 27 Juillet 1906, naissait à Baquet, petit village de la commune de l’Anse-à-veau située dans la partie sud de la République d’Haiti, un petit garçon à qui on donna le prénom de Rolin. Son père, Célius Brédy et sa mère Adénaide Brédy, grands propriétaires terriens, étaient cousins.

La famille comptait déjà une fille, Lia Brédy et un garçon, Sidon Brédy. Un quatrième fils Villardouin Brédy, devait naître 2 ans après le jeune Rolin. Ce détail est important, car mon père racontait, qu’il était tellement cajoleur, qu’il arrivait à accaparer autant sa mère que sa sœur aînée, souvent au détriment de son jeune frère, et ce pendant toute la période de son enfance.

Il n’y avait pas d’école dans le village de Baquet; alors, Rolin, sa sœur et ses frères furent envoyés à l’école primaire de la ville de Morisseau qui était la plus proche.

Plusieurs évènements tragiques devaient marquer les jeunes années de Rolin. D’abord le décès de sa mère, alors qu’il était un adolescent; puis celle de sa sœur aînée Lia Brédy, qu’il amait tendrement. Il allait plus tard, lorsqu’il sera établi à Port-au-Prince, la capitale d’Haiti, prendre à sa charge les deux enfants de sa défunte sœur, Elda et Edner Mothélis. Lorsque Rolin termina ses études primaires, son père se préparait à l’envoyer poursuivre ses études à Port-au-Prince, chez son oncle Michel Brédy père, un avocat, alors membre du parlement d’Haiti; mais son père mourut avant d’avoir mis ce projet à exécution.

Saule Fécamp (Mme Franck Hall), une cousine avec qui Rolin avait grandi dans les paysages bucoliques de la campagne haïtienne, poursuivait déjà ses études à la capitale. C’est sur son insistance que Rolin, alors au début de la vingtaine, se rendit à Port-au-Prince. Il fut accueilli et hébergé par son cousin Pierre Marc, un avocat qui avait une entreprise d’exportation de Café. Rolin a pu, avec lui, découvrir les attraits du monde des affaires. Il jura qu’un jour il aurait sa propre entreprise. En attendant, la chance aidant, il allait bientôt trouver la voie qui déboucherait sur la carrière qui allait assurer sa réussite dans le monde des affaires.

Pour ceux qui ne le savent pas, les américains ont occupé Haiti de 1915 à 1934. Mon père décrocha son 1ier emploi, au Département des travaux publics, comme assistant des arpenteurs américains qui traçaient les routes de Port-au-Prince. Ils lui donnèrent des leçons de conduite automobile. Son permis une fois obtenu, Rolin loua une voiture d’un allemand et offrit le premier service de taxi à Port-au-Prince.

L'Hotel Ollofson

L'Hôtel Oloffson

Peu de temps après, un ami le recommanda aux propriétaires de l’hôtel Ollofson, le premier hôtel pour touristes en Haiti. Cet hôtel offrait un service de traiteur à la seule petite compagnie aérienne qui existait alors à Port-au-Prince. Rolin fut embauché, avec un salaire de 12,00 $ par semaine, pour faire la livraison des mets une fois par jour, à la petite compagnie aérienne. Par sa ponctualité, son sérieux à la tache, sa courtoisie et son entregent, il ne tarda pas à gagner la confiance de Mme Ollofson qui l’autorisa à utiliser la voiture de l’Hôtel, pour faire le taxi.

Entre-temps, l’industrie touristique commençait à se développer. La petite ligne aérienne à laquelle l’Hôtel Ollofson offrait le service de traiteur fut achetée par la Pan American Airways. L’Hôtel Ollofson maintint les services de Rolin, cette fois-ci pour transporter les touristes et les pilotes de la Pan American Airways, et pour faire des livraisons du fromage Kraft dont Mme Ollofson était la distributrice grossiste. C’est à la faveur de toutes ces circonstances que Rolin a pu acheter sa 1ière voiture, de la Mairie de Port-au-Prince. Bien plus tard, lorsque, dans les années quarante, l’Hôtel Ollofson fut vendu à un américain du nom de Maurice Deon, Rolin décida de concrétiser son rêve d’entrepreneur indépendant dans le domaine du tourisme.

Citadelle La Ferrière

Citadelle La Ferrière

Il s’était fait de solides relations dans le monde de l’industrie touristique : Les familles Mews qui avaient développé les ateliers et les magasins de produits artisanaux, les propriétaires des grands hôtels dont : Rossini Pierre-Louis de l’Hôtel Rouzier, la famille Cardoza de l’Hôtel Montana, Mme Marini de l’Hôtel Cabane Chocoune, Mme Maria Frankel de l’Hôtel Splendid, les propriétaires des hôtels Ibo-Lélé, El Rancho et Castel Haiti. Encouragé et supporté par ces grands entrepreneurs, il établit son propre Service de “Sightseeing Tour” avec des itinéraires variés touchant les sites historiques (tels que la citadelle Laférrière, le palais de Sans-Souci) et les plus beaux sites naturels du pays.

Le Palais Sans Souci

Les Ruines du Palais Sans Souci

Mme Marini lui aménagea, au comptoir de réception et d’information de l’Hôtel Cabane Choucoune, un espace où les touristes pouvaient s’inscrire pour des tournées touristiques avec le service de “Sightseeing tour”.

Vers le milieu des années quarante, l’industrie touristique était en pleine expansion, en raison des préparatifs en vue de la célébration du bicentenaire de Port-au-Prince. Rolin entreprit des démarches auprès des responsables du Ministère du tourisme pour que soient organisés des “Ateliers de formation de guides touristiques”, en prévision de l’Exposition internationale du bicentenaire de Port-au-Prince, qui devait se tenir en 1949. Il a été l’un des membres fondateurs de l’Association des chauffeurs guides d’Haiti, un corps de métier, qui avait fait la bonne réputation de l’industrie touristique jusque dans les années 60. L’entreprise de Rolin continua à se développer : Outre une camionnette de 8 passagers, sa flotte comprenait des petites voitures Volkswagen de type coccinelle qu’il louait aux touristes. Il embaucha deux personnes et développa une autre petite industrie maison, qui fournissait aux hôtels de la confiture de pamplemousse et des gallons de jus d’orange frais chaque jour. Il achetait, des habitants de certaines zones cotières, des canards qui venaient hiberner sur les rives d’Haiti, et les revendait à la douzaine aux grands hôtels.

En 1953, le Gouvernement de Paul Eugène Magloire, au cours d’une cérémonie, a remis une décoration à Rolin Brédy, en reconnaissance de sa contribution significative dans le développement du tourisme en Haiti.

Lorsque, dans les années 60, l’industrie touristique s’est effondrée en Haiti, j’ai invité papa à me rejoindre à Chicago où j’avais immigré en 1964. Papa a immigré aux états Unis en 1966. Il avait alors 6o ans. Il a toujours regretté de ne l’avoir pas fait lorsqu’il était plus jeune. Il s’est tout de suite adapté au nouveau contexte.

The Conrad Hilton-Chicago, 1925, postcard

Le Conrad Hilton-Chicago, 1925, carte postale

Une semaine après son arrivée à Chicago, un matin, il est parti à pied, de la 52nd Street du quartier Hyde Park du sud de Chicago; il a longé le Michigan Avenue, et a fini par trouver le Conrad Hilton Hôtel, dont il avait souvent entendu parler dans le monde touristique en Haiti. Il s’est présenté et a été embauché immédiatement, comme commis au comptoir d’information; parce que, non seulement il avait de l’expérience dans le domaine touristique, mais aussi il pouvait s’exprimer en français et en anglais. Ce poste était très convoité par plusieurs employés mais aucun de ceux-ci ne parlait le français.

Deux ans après, papa se trouva un autre emploi mieux rémunéré au warehouse de la Zenith Corporation, comme responsable de la distribution de pièces électroniques aux ateliers. Lorsqu’il eut 65 ans, le syndicat exigea son renvoi, en raison de son âge. Papa dans sa jeunesse avait touché à tout : L’ébénisterie, la plomberie, l’électricité… Alors, désespéré après sa mise à la retraire, Il fit la tournée de quelques chantiers de construction de Chicago, essayant de se trouver un travail. C’est ainsi qu’il apprit à poser des tuiles de céramique dans les cuisines et les salles de bain. Il exerça ce métier jusque vers l’âge de 75 ans. Les douleurs articulaires ayant eu raison de sa détermination, il a dû battre en retraite.

Mais il n’avait pas dit son dernier mot. Ne pouvant plus supporter les rigoureux hivers de la cité des vents, il décida qu’il passerait ses hivers en Haiti, et ses étés à Chicago. Il allait donc en profiter pour établir son commerce sur les deux territoires : Port-au-Prince et Chicago. Alors, d’Avril à novembre, il parcourait les ”flee markets” de Chicago, achetant des articles de toutes sortes, y compris des pneus usagés qu’il allait vendre en Haiti pendant les hivers qu’il y passait. En même temps, il organisait des ateliers avec des artisans de Port-au-Prince, qui lui préparaient de beaux chapeaux de paille qu’il vendait, au prix du gros, au grand magasin Goldblatt de Chicago.

Papa aimait la vie. Il me rappelle tellement le personnage de Papagueno dans l’opéra “La flûte enchantée” de Mozart. Il aimait la bonne bouffe. à l’occasion il était fier de démontrer son talent de cordon bleu. Il aimait les femmes. Oh! Comme il aimait les femmes! C’était un Don Juan, un charmeur, un séducteur, et un cajoleur qui savait se faire aimer et pardonner. Il affectionnait les ribambelles d’enfants et était fier de sa nombreuse progéniture. Il était capable de s’extasier devant la beauté de la nature. Il était un passionné de la musique classique : Schubert, Chopin, Mozart, Beethoven étaient ses préférés. Il achetait, à la librairie Henri Deschamps de Port-au-Prince, des petites fascicules sur la vie de ces génies de la grande musique classique occidentale. Il admirait Sir Winston Churchill, Franklin Delano Roosevelt, le général Charles De Gaule, le Dr. Martin Luther King jr., et tous les grands hommes qui ont marqué positivement l’histoire au 20ième siècle. Il suivait l’évolution de l’humanité, et, récemment encore, quand il m’a visitée au Canada, en été 2004, il prenait plaisir à faire avec moi l’analyse des évènements internationaux.

Oui, cet homme dont nous honorons la mémoire aujourd’hui, avait, comme chacun de nous, ses qualités et ses défauts. Mais nous voulons surtout nous remémorer ses qualités. Sa détermination, son ingéniosité, sa fierté, sa ponctualité, sa courtoisie, lui ont valu le respect et l’admiration de ses contemporains. Il cultivait l’amitié, vénérait la beauté. Il était plein de bonté et de compassion pour les démunis de la société. à ce sujet, je veux vous raconter un incident que j’ai vécu, à l’âge de 11 ans environ.

Il y avait un homme à tout faire de l’Hôtel Ollofson, que mon père chargeait d’apporter deux litres de lait chez nous, chaque deux jours. Un jour, je sautais à la corde, devant le garage, avec une petite amie, quand le monsieur arriva. Il me demanda bien poliment d’avoir la bonté d’apporter la bouteille de lait à l’intérieur, parce qu’il était pressé et ne pouvait pas rentrer. Je lui répondis que c’était à lui de le faire parce que c’était son travail et non le mien. Trente minutes après l’incident, mon père arriva furieux et, pour la première fois, m’infligea une bonne raclée, en me rappelant le respect qui est dû à tout individu, quelque soit son statut social. Je n’ai jamais oublié cette leçon.

Rolin Brédy laisse derrière lui une belle progéniture totalisant 50 personnes, dont 12 enfants, 23 petits-enfants, 15 arrière petits-enfants. Il tenait à se rapprocher de ses enfants dans les derniers jours de sa vie; c’est pourquoi il avait demandé à finir ses jours à Chicago où vivent cinq de ses enfants, alors que les sept autres sont éparpillés sur la planète: Une en Grèce, une au Canada, deux à New York, trois à Atlanta. Il a aimé passionnément tous ses enfants; et l’héritage le plus précieux qu’il nous laisse c’est cet esprit d’amour et d’unité qui doit présider à toutes nos relations. Puissions-nous préserver ce précieux héritage.

Maintenant que son âme a brisé la cage et pris son envol vers son créateur, malgré la tristesse qui nous étreint, nous, ses enfants qu’il a tant aimés à sa façon, supplions le Tout-Miséricordieux, de faire de nos prières une lumière qui conduise notre père vers l’océan de sa douce présence, et de lui accorder la joie et l’extase de la réunion.

*Note : En Juillet 2004, j’avais invité mon père à venir passer un mois chez moi, à Sherbrooke (une ville de la Province de Québec) au Canada. J’en avais profité pour lui demander de me raconter les événements qui ont le plus marqué sa vie. Plusieurs des faits rapportés m’étaient déjà connus; d’autres pas.

Rollande Brédy Petit

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Rolin Brédy

(July 17th 1906 –

January 7th 2006)

(A short biography written, in January 2006, a few days before his death, by his daughter Rollande Brédy Petit*)

99 years ago, July 27th 1906, in Baquet, a little village nestled in Haiti’s Southern community of l’Anse-à-Veau, a male child was born. He was named Rolin. His father, Célius Brédy, and his mother, Adénaide Brédy, both large property owners, were cousins.

The family already had a daughter, Lia Brédy, and a son, Sidon Brédy. A fourth son, Villardouin Brédy, was born 2 years after young Rolin. This detail is important, for my father recounted how his tendency towards affection often so captivated both his mother and his sister that, throughout his entire childhood, his little brother suffered from a lack of attention.

Baquet didn’t have a school; so Rolin, his brothers and sister were sent to the elementary school in Morisseau, the nearest town.

Several tragic events impacted Rolin’s younger years: the death of his mother during his teen years, then that of his big sister Lia Brédy, whom he loved so dearly that, when he moved to the city of Port-au-Prince, the Capital of Haiti, once established there, he took this sister’s children, Elda and Edner Mothélis, to raise. When Rolin completed his elementary education, his father planned for him to continue his education in Port-au-Prince, where he would live with his uncle the lawyer Michel Brédy who, at that time, was a member of the Haitian Parliament; but his father passed away before he could finalize and execute the plan.

However, Saule Fécan (Mrs. Franck Hall), a cousin with whom Rolin grew up amongst the bucolic scenery of the Haitian countryside, was already pursuing her studies in the capital. It is through her influence that Rolin, then in his early 20’s, moved to Port-au-Prince. He was received by his cousin Pierre Marc, a lawyer who had a coffee exporting business. Through his guidance, Rolin discovered the business world. He promised himself that some day he would have his own business. Meantime, by a stroke of luck, he was soon to find the path that would lead him to the career that would ensure his success in the business world.

For those who might not know it, The United States occupied Haiti from 1915 to 1934. My father found his first job at the Public Works department as an assistant surveyor for the Americans, who were tracing the roads of Port-au-Prince. They taught him to drive. Once he obtained his driver’s license, Rolin rented a car from a German and used it to offer the first taxicab service in Port-au-Prince.

The Oloffson Hotel

The Oloffson Hotel

Shortly thereafter, a friend recommended him to the owners of the Hotel Ollofson, the first tourist hotel in Haiti. This hotel provided the catering service to Port-au-Prince’s only airline. Rolin was hired, on a $12 per week salary, to deliver meals once a day to the small airline. Thanks to his punctuality, his dedication to the task at hand, his courtesy and his congeniality, he gained Mrs. Ollofson’s trust, who allowed him to use the Hotel’s car as a cab.

Meantime, the tourism industry was gaining ground. The small airline for which the Hotel Ollofson catered was bought by Pan American airways (later simply known as PanAm). The Ollofsons retained Rolin’s services, this time as a driver both for the Hotel’s guests and Pan American airway’s pilots, as well as having him make deliveries of Kraft cheese, Mrs. Ollofson being wholesale distributor for Kraft Foods. All these circumstances gave Rolin the opportunity to purchase his first car from Port-au-Prince’s Town Hall. Much later, when, in the 40s, the Hotel Ollofson was sold to an American going by the name of Maurice Deon, Rolin decided that it was time to fulfill his entrepreneurial dream in the tourism industry.

Citadelle La Ferrière

Citadelle La Ferrière

He had made solid connections in the world of tourism: The Mews family, who had developed workshops and artisan boutiques; the owners of various major hotels, including Rossini Pierre-Louis of the Rouzier Hotel, the Cardoza family of the Montana Hotel, Mrs. Marini of the Cabane Choucoune Hotel, Mrs. Maria Frankel of the Splendid Hotel, the proprietors of the Hotels Ibo-Lélé, El Rancho and Castel Haiti.

Sans Souci Hotel

The Ruins of the Sans Souci Palace

Encouraged and supported by these great entrepreneurs, he established his own “Sightseeing Tour” with varied itineraries traveling to historic sites (such as the Citadelle Laférrière, the Sans Souci Palace) and to the most magnificent natural sites of the country. Mrs. Marini provided, at the Cabane Choucoune’s Hotel’s reception and information desk, a space where the tourists could sign up for tours with Rolin’s “Sightseeing Tour Service&qtuo;.

By the mid 40s, Haiti’s tourism industry was in full expansion. Thanks to the preparations underway for the upcoming celebrations of Port-au-Prince’s bicentennial. Rolin, anticipating the needs of the International Exposition being organized in the context of the Bicentennial celebrations, approached those in charge at the tourism board, convincing them to create “Tourist guides training workshops”. He was one of the founding members of the Association of the tourist Guides of Haiti (l’Association des chauffeurs guides d’Haiti), a guild that literally made the good reputation of the tourist industry in Haiti until the 1960s. Rolin’s business continued to grow: besides an 8 passenger van, his flotilla now included Volkswagen Beetles that he rented to tourists. My father also hired two people and developed another homegrown industry, providing hotels with jam and gallons of fresh orange juice on a daily basis. He would buy, from the costal villages, ducks that migrate to the cost of Haiti during the winter season, and would sell them, by the dozens, to the great hotels.

In 1953, the government of Paul Eugene Magloire, in a ceremony, decorated Rolin Brédy, recognizing his significant contribution to the development of the tourism industry in Haiti.

In the 60s, when the tourism industry floundered, I invited my father to move to Chicago where I had been a resident since 1964. Dad immigrated to the United States in 1966. He was then 60 years old. He always regretted not having done so when he was younger. Nonetheless, he quickly adapted to the new context.

The Conrad Hilton-Chicago, 1925, postcard

The Conrad Hilton-Chicago, 1925, postcard

One morning, a week after his arrival in Chicago, he took off on foot, from 52nd street in the Hyde Park neighborhood of the south side of Chicago, traveled all the way up Michigan Ave., and finally found the Conrad Hilton Hotel, of which he had heard while in Haiti’s tourism circles. He introduced himself and was hired on the spot as an information clerk. Not only did he have experience in the field of tourism, but he could also speak both French and English. Many of the Hilton’s employees had been seeking this position, but none of them spoke French.

Two years later, dad found a better paying job in the warehouses of the Zenith Corporation, where he became responsible for the distribution of electronic parts to the workshops. Upon his 65th birthday, the union insisted that he retires or be fired because of his age. Dad, in his youth, had been everything: Carpenter, plumber, electrician… So, desperate after his forced retirement, he visited construction sites in the city of Chicago, trying to secure some work. In this manner he learned how to do tile work in kitchens and bathrooms. He did this work until the age of 75, when arthritic pains triumphed over his determination, and forced him, once again, to retire.

Still, he had not yet had his last word. Unable to withstand the Windy City’s terrible winters, he decided to spend them in Haiti instead, returning to Chicago in the summer. In this manner, he was able to conduct business in both countries (in Port-au Prince and in Chicago). From April to November, he would tour Chicago’s flea markets where he would purchase a variety of merchandises including used tires, which he then sold in Haiti while he wintered there. Simultaneously, he organized workshops with Port-au-Prince’s artisans who made him beautiful straw hats, which he sold, wholesale, to Chicago’s big “Goldblatt Department store” in the summer.

Dad loved life. He reminds me so much of the character Papagueno in Mozart’s opera “The Enchanted Flute”. He loved good food. Occasionally, he would proudly seize the opportunity to demonstrate his talents as a chef. He loved women. Boy, did he love women! He was a Don Juan, a charmer, a seducer, and a cajoler, who knew how to make poeple love him and forgive him. He enjoyed the company of children and was proud of his extensive progeny. Nature’s beauty awed him. Classical music aroused his passion: Schubert, Chopin, Mozart, and Beethoven were his favorites. He used to buy, from the “Henri Deschamps Library” of Port-au-Prince, and peruse little biographical brochures depicting the lives of these geniuses of the great western classical music. He admired Sir Winston Churchill, Franklin Delano Roosevelt, General Charles De Gaule, Dr. Martin Luther King jr., and all the great men who made a positive mark on the history of the 20th century. He was attentive to the human evolution and, just recently, when he visited me in Canada, in the summer of 2004, he took great pleasure in analyzing international events with me.

Yes, the man whose memory we are honoring today had, as have we all, his qualities and his faults. But we mostly want to remember his virtues. His determination, his ingenuity, his rectitude, his punctuality, his courtesy, earned him the respect and admiration of his contemporaries. He cultivated friendship, and revered beauty. He was full of kindness and compassion for society’s less fortunate. As a case in point, allow me to share an incident I lived, I was about 11 years old.

My father had asked a handyman of the Ollofson’s hotel to deliver, every other day, two liters of milk, right to our door. One day, I was jumping rope with a friend in front of the garage when this handyman arrived. He politely asked me if I could please bring the bottle of milk in the house, as he was in a hurry and didn’t have the time to go in. I answered it was up to him to perform this task; it was his job, after all, not mine. Thirty minutes later, my father arrived, livid, and, for the first time, whipped me, reminding me that respect is owed to every one, regardless of their social status. I have never forgotten this lesson.

Rolin Brédy leaves behind a beautiful progeny totaling 50 people, including 12 children, 23 grandchildren, and 15 great-grand children. He wished to be closer to his children in the last days of his life. This is why he asked to finish his days in Chicago where five of his children live, while the other seven are spread across the planet, one in Greece, one in Canada, two in New York, and three in Atlanta. He loved all his children passionately; and his most precious legacy is that same spirit of love and unity, which must preside over all our relationships. May we all preserve this precious legacy.

Now that his soul has broken free of its cage and flown to its Creator, in spite of the sadness that envelops us all, we, his children he loved so much in his own way, beg the All-Merciful God to transform our prayers into a light that will guide our dad toward the ocean of His presence, and that he may be granted the joy and the ecstasy of the reunion with Him.

NOTE: In July 2004, I invited my father to spend a month with me in Sherbrooke (a town of the Province of Québec) in Canada. I seized the opportunity to ask him about the most important events in his life; which he did joyfully. I already knew about most of the events, but my father clarified some grey areas. I ignored mostly the events related to his infancy and to the first thirty-five years of his life.
I want to share with all my brothers and sisters,
With all their children,
With the children of their children,
The fruits of these emotional moments, which I spent with our father.
After all, this story is theirs as well.

Rollande Brédy Petit

Translation by Michelle Petit-Sumrall

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